Une histoire exceptionnelle

par le sept.17, 2009, sous Histoire

Les montres LIP, des montres exceptionnelles Ă  l’histoire toute aussi exceptionnelle…

A l’origine, Lip et … un homme
Les hommes qui ont fait Lip sont ceux de la famille Lipmann, qui créent un
petit atelier d’horlogerie, imposent et dĂ©posent la marque.
Lip et … un rĂŞve : Une montre pour tous.
Lip et … une histoire : VĂ©ritable prĂ©curseur, Lip Ă©crit les pages de l’histoire
des techniques horlogères au travers de 140 ans d’innovations et crĂ©ations
uniques, Ă  l’Ă©lĂ©gance et au design sophistiquĂ©, accessibles au
plus grand nombre.
En 140 ans, le savoir-faire horloger de Lip s’est bâti de façon unique en
faisant, au contraire du sens commun, de la montre dédiée à tous,
la montre des plus gran

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A l’origine, Lip et … un homme
Les hommes qui ont fait Lip sont ceux de la famille Lipmann, qui crĂ©ent un petit atelier d’horlogerie, imposent et dĂ©posent la marque.

Lip et … un rĂŞve : Une montre pour tous.
Lip et … une histoire : VĂ©ritable prĂ©curseur, Lip Ă©crit les pages de l’histoire des techniques horlogères au travers de 140 ans d’innovations et crĂ©ations
uniques, Ă  l’Ă©lĂ©gance et au design sophistiquĂ©, accessibles au plus grand nombre.

En 140 ans, le savoir-faire horloger de Lip s’est bâti de façon unique en faisant, au contraire du sens commun, de la montre dĂ©diĂ©e Ă  tous, la montre des plus grands. (voir rĂ©sumĂ© historique synoptique)

1867 – Emmanuel Lipmann fonde à Besançon le « Comptoir Lipmann », atelier d’horlogerie de 15 salariés.

1895 – Les deux fils d’Emmanuel, Ernest et Camille, transforment le Comptoir en  la SA d’Horlogerie Lipmann Frères. La production monte à 2500 montres, c’est un exploit.

1896 - L’inscription « Chronomètre LIP » apparait sur les cadrans des montres de poche d’une fiabilité exemplaire.

1904 – Ernest Lipmann recherche une solution permettant de lire l’heure sur leur montre dans l’obscurité. Pierre et Marie Curie lui proposeront le radium associé au sulfure de zinc fluorescent. Les cadrans LIP deviennent alors fluorescents mais aussi radioactifs.

1905 – Le 2 novembre, naissance de celui qui deviendra Fred LIP.

1907 – Les frères Lipmann donnent vie à leur nouveau défi : produire l’ensemble des composants de leurs montres. Une usine sort de terre à la Mouillère, la manufacture est née, 80 salariés y travaillent.

1908 – La marque LIP est déposée. Pour la première fois dans le monde, un horloger réalise de la publicité dans la presse.

1910 – La manufacture produit 10 000 montres pas an, elle innove encore en organisant une campagne de promotion à grande échelle avec affiches murales et publicité dans les grands magazines de l’époque ( L’illustration, le moniteur).

1914-1918 – LIP participe à l’effort de guerre en fabriquant des petits mécanismes pour l’armée, des têtes d’obus, des allumeurs de mines, des chronomètres télémétriques pour les artilleurs.

1931 – Frédéric Lipmann, fils d’Ernest entre à la Manufacture.

1932 – Organisation, propreté, luminosité, la manufacture de la LIP SA d’Horlogerie est exemplaire. 250 ouvriers produisent et vendent 40 000 montres par an.  Lip est le premier horloger français.

1933 –
Lip est déjà un exemple, le président de la République française Albert Lebrun invite le Sultan du Maroc, Moulay ben Youssef à visiter l’usine.

1934 – Lip instaure les congés payés, c’est une première en France.

1935 – Lip et Ericsson collabore à la mise au point d’une pendulette à échappement, elle recevra le 1er prix de chronométrie pour sa qualité et sa fiabilité.

1935 – Lip fabrique à Besançon une petite série de Type 10 : montres de bord de l’aéronautique, remarquables par leur fiabilité. Une de ces 200 montres équipe « la croix du sud » de Jean Mermoz.

1939 – D’importantes innovations sont introduites dans les calibres fabriqués : la calotte de protection, l’étanchéité de la tige de remontoir, le balancier monométallique, le spiral auto-compenseur.

1940 – Les productions de type militaire sont stoppées après la réquisition de l’usine par les forces d’occupation. Fred LIP installe une partie de l’usine en zone libre.

1944 –
Après avoir rejoint la résistance, Fred Lip revient le 10 septembre 1944 à la moulière et relance la production.

1945 – Lip produit de nouveau 50 000 montres de qualité et 200 ouvriers  réintègrent une usine complètement réaménagée. Des études psychotechniques permettent d’améliorer la définition des postes et de valoriser les compétences de chacun. Le département qualité introduit des contrôles à tous les stades de la fabrication.

1946 – Lip met en place la formation continue. De nombreux jeunes reçoivent durant 2 années une formation de qualité tout en percevant un salaire normal. C’est une première en France.

1949 – Les campagnes de publicité reprennent. A chaque annonce de l’heure, les auditeurs entendent le message suivant : « RTL a choisi LIP pour vous donner l’heure exacte ». Un accord similaire est mis en place avec Radio Monte-Carlo.

1952 – Lip présente le 19 mars, la première montre électrique mondiale.

1950 – Fred LIP étend aux principales villes françaises son service après-vente.

1952 – 800 salariés travaillent pour LIP, ils produisent 180 000 montres.

1954 – Lip est le leader incontesté de l’horlogerie française.

1954 - Le premier service français de médecine du travail est mis en place à la Mouillère.

1955 – La manufacture est à son apogée, ses deux usines ( Besançon et Issoudun) travaillent à plein régime. L’effectif dépasse les 1700 personnes. Plus de 300 000 montres sont produite, le service qualité est performant.

1958 – Commercialisation de la montre électrique. Les recherches s’oriente alors vers la technologie du quartz.

1959 – Lip devient le chronométreur officiel du Tour de France.

1959 - Le général D. Eisenhower reçoit des mains du Général de Gaulle, la montre Lip des Présidents.

1960 – L’usine de Palente est inaugurée, sur 24 500 m² chacun peut découvrir l’usine horlogère la plus moderne d’Europe. 1450 employés produisent plus de 500 000 montres. 8000 des 13000 horlogers français sont concessionnaires LIP.

1962 – Fred Lip confie à Publicis la communication de la marque. Claude Neuschwander obtiendra de Fred LIP qu’il prête son nom à la campagne de publicité qui restera une des plus fortes de la marque.

1967 - Le marché a évolué, la formidable technicité de LIP est mise en difficulté pas l’arrivée des montres à quartz japonaise et des produits très bon marché de l’américain Timex.  Fred Lip augmente son capital pour financer le développement de la technologie à quartz. Les exportations représentent 11% du CA de la manufacture.

1968 – La distribution et le service après-vente des montres Breitling sur la France est assuré par LIP.

1968 – Fred Lip accorde aux salariés la retraite à 60 ans pour les femmes et 63 ans pour les hommes avec une participation de LIP, une semaine de congé supplémentaire et indemnise à 100% les accidents du travail. C’est une première en France. Il exaspère et se brouille avec le CNPF.

1968 – Le prince François de Baschmakoff, grand coloriste, crée pour Lip une montre mécanique à lecture digitale.

1969 – Le niveau des ventes retombe à celui de 1966, les pertes financières commencent à s’accumuler.

1970 – Les baisses de salaires entrainent des grèves incessantes. Les déficits se creusent, le budget publicité s’en trouve amputé, le nombre de revendeurs diminue.

1971 – C’est une première européenne : Lip présente à la presse la première montre française à quartz.

1971 – Fred Lip quitte la direction de l’entreprise. Les exportations s’effondrent, les ventes en France continent de ralentir. Les stocks deviennent pléthoriques, le plan social est rejeté par les syndicats.

1973 – La société est placée en redressement judiciaire. Certains que Lip est une entreprise rentable et viable sans changement radical, la plupart des ouvriers s’organisent pour la sauver. N’arrivant à obtenir aucun accord avec les syndicats C.G.T et C.F.D.T., Jacques Saintesprit à la direction depuis 1971 démissionne de son poste de président directeur le 17 Avril. Ce sont les premiers signes de la plus fascinante crise industrielle dans la France d’après-guerre. Le 29 mai, les employés de Lip participent à une manifestation qui a lieu à Paris. En juin, la société suisse Ebauches S.A., actionnaire majoritaire de Lip, décide de réduire le nombre d’employés de 1300 à 900. Le syndicats C.G.T. et C.F.D.T. sont furieux. Ils craignent que l’usine soit écrasée par Ebauches S.A. et que finalement seulement 500 personnes soient reprises pour travailler pour Ebauches S.A. Le 15 Juin, 15000 personnes manifestent à Besançon. Le même mois, les travailleurs de Lip occupent les usines et prennent le contrôle du stock de montres. La révolte s’empare de l’usine aux cris du célèbre : « on produit, on vend, on se paye ». Les leaders Charles Piaget de la CFDT et Jean Raguenes, prêtre ouvrier dominicain, deviennent les nouvelles idoles de la Nouvelle Gauche. Pendant cette occupation, les deux directeurs sont pris en otage et la police intervient. Dans la nuit du 20 au 21 juin, les employés de Lip s’emparent d’un stock de 65.000 montres, d’une valeur d’un milliard d’anciens francs. Le 18 juin, les employés décident de remettre en route une chaîne de production et de vendre les montres fabriquées. Le 22 juin, les deux directeurs n’arrivent pas à trouver une solution au déficit financier et déposent le bilan. Le 13 juillet, le juge du tribunal de commerce prononce la liquidation judiciaire de Lip. Le 24 juillet, Jean Charbonnel, ministre de l’Industrie et du Développement Scientifique, présente un plan pour sauver Lip. Lip est alors divisé en trois sections : Montres, Armes et Machines-outils. Alors que Ebauches S.A. devient l’unique actionnaire avec 48% du capital investi, un plan social est réalisé pour les employés licenciés. Henry Giraud, un célèbre industriel français, se charge de la reprise du secteur horloger de Lip. Il tente de négocier avec les travailleurs mais il échoue et quitte alors l’entreprise. Le 14 août, le Premier Ministre Pierre Messmer donne l’ordre à la police d’évacuer l’usine Lip à Palente de ses occupants. L’occupation aura duré 57 jours. Le 17 décembre, pierre Messmer déclare à la radio le 17 décembre : « Lip c’est fini et ça reste fini ! ».

1974 – Mais Lip renait, le 11 mars, après 329 jours de lutte, Claude Neuschwander jusqu’alors chargé de mission du ministre du Développement industriel et scientifique a réussi à imposer son plan de relance. Il prend la direction de l’entreprise et accueille les 140 premiers Lip qui reprennent leur travail. Sept designers seront contactés pour développer ce qui reste comme des montres en tous points exceptionnelles. Marie-Kaure Jousset ( responsable des collections) dit alors : Notre but est de faire des montres capables de marquer un jour pas comme les autres, des montres qui font cadeau du temps et que l’on garde ou que l’on offre toujours comme un symbole. Pour le renouveau de notre collection, il ne s’agissait pas de trouver « un styliste », mais de créer des objets contemporains à la mesure de notre époque. Dans ce but, j’ai choisi des créateurs ayant assez d’imagination pour concevoir « d’autres montres », et assez de sens technique pour les rendre réalisables. J’ai donc chois quatre designers, chacun étant dans sa partie considéré comme le meilleur et aucun ne s’étant penché sur le problème de la montre. Ils avaient l’œil neuf … Roger Tallon et Rudi Meyer ont apporté la connaissance de nouveaux matériaux ( utilisés pour la fabrication des avions). Ils constituent l’avant-garde de la collection. Marc Held a apporté le raffinement et la sophistication. Et Michel Boyer, la fraîcheur et la simplicité ». Le résultat est exemplaire, il illuminera la collection 1975. Quelques mois après, Isabelle Hebey, Michel Kinn et Jean Dinh Van complèteront ce chef-d’œuvre.

1975 – Les nouvelles collections sont éblouissantes et Lip retrouve son dynamisme commercial avec l’objectif de 500 000 montres à un an. Les commandes affluent. Claude Neuschwander offre à Valérie Giscard d’Estaing, président de la république française, la première montre à quartz française de série. Une grande campagne publicitaire est lancée avec en particulier 2040 panneaux d’affichage Abribus de la région parisienne présentant 2 montres homme de Roger Tallon. Le redressement est là mais la société reste fragile et a un besoin vital de financement.

1976 – Malgré la dynamique retrouvée, le conseil d’administration de LIP-CEH demande à Claude Neuschwander de démissionner. VGE accorde le financement nécessaire à LIP-CEH mais la grogne des industriels horlogers du Doubs face à ce « cadeau » entrainera un blocage de la situation. Claude Neuschwander démissionne le 8 février. Les ventes s’effondrent passant de 9550 par semaine en janvier à 4400 à la fin du mois de mars.  La société dépose le bilan le 8 avril, Le 3 mai elle est liquidée. L’usine est de nouveau occupée par les syndicats et restera célèbre pour ses ventes sauvages : la vente illégale du stock de montres par les anciens salariés.

1977 – Les employés mettent en place une coopérative « Les Industries de Palente », dont les initiales abrégées forment le mot Lip. Afin de faire plus de bénéfices, ils fabriquent différents produits tel que le « Chomageopoly », un jeu destiné aux chômeurs. Ils vendent également des repas complets et des vêtements d’occasion.

1984 - Le 13 mars, la Société Mortuacienne d’Horlogerie de Morteau en France, connu pour sa marque Kiplé, rachète aux Industries de Palente la marque Lip et la division montre. Le PDG, M. Jacques Bouhelier, tente de ressusciter Lip.

1990 –
En février, la Société Mortuacienne d’Horlogerie fait faillite. En octobre, Jean-Claude Sensemat industriel Gersois à la tête d’une des entreprises les plus performantes de France, rachète la marque LIP et l’installe dans son Gers natal. Il déclare devant Fred LIP : « Lip ne finira jamais ».

1992 – La société est une des premières à adopter une stratégie de distribution multicanaux, des lignes de produits différenciées par circuit de distribution étant progressivement mises sur le marché. Les ventes décollent à nouveau.

1994 - Pour célébrer le 50ème anniversaire du Jour-j, Lip ré-édite la montre « du Général de Gaulle » et l’offre à Bill Clinton. La marque fait son grand retour au salon international horloger de Bâle (Suisse).

1996 - Fred Lip s’éteint le 9 novembre.

1997 – Lip reprend ses grands classiques, ainsi après le développement de la version quartz du modèle historique T18, les modèles Mach 2000 de Roger Tallon sont de nouveau produits.

1998 – Lip met sur la toile son site internet marchand. C’est une première en France pour un horloger. Elle lance la première montre convertisseur de devise l’EuroLIP.

2001 – La Type 10 en hommage à la montre de bord de jean Mermoz est commercialisée. Les ventes de montres LIP s’élèvent alors à plus de 150 000 montres.

2002 – MGH rachète le fond d’industrie de LIP France et devient le licenciĂ© exclusif  de la marque LIP » eten »

2004 –
Ce sera l’année du virage du Design pour la marque avec le lancement des modèles Fridge et TV de Roger Tallon et la remise en avant de la gamme MACH 2000.
Les ventes à l’export représentent déjà plus de 10% du chiffre d’affaire, Lip devient une référence au Japon.

2005 – C’est la sociĂ©tĂ© JLB BRAND,  basĂ©e Ă  Paris qui  concède la licence exclusif et mondial de la marque LIP Ă  MGH. JLB BRAND  est une sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e dans les marques horlogères dirigĂ© par Jean-Luc BERNERD. La marque LIP appartiendra Ă  JLB BRAND en 2015.
Avec ses collections LIP Style,  LIP s’affirme de nouveau comme une marque populaire. A l’international elle attaque le marché Américain avec sa participation au JCK de Las Vegas.

2006 –
LIP fait son entrée aux Galeries Lafayette.

2007 – Lancement du modèle Mythic de Prisca Briquet, designer maison. Le Centre Pompidou référence la ligne créateurs de LIP dans son espace boutique.

2008 – Janvier 2008, LIP s’expose au plus grand salon mondial du Design : Maison et Objet Paris. 100% Design London et Formex à Stockolm vont suivre avec le même succès. Tout s’accélère pour la marque Lip qui s’implante alors dans plus de 30 pays sur les 5 continents. Les temples de la mode et du design exposent les modèles créateurs, on peut citer en particulier les magasins américains de Barney’s, le MOMA New York et celui de Tokyo, le Musée Louisiana du Danemark, Paul Smith, MOSS et TAKASHIMAYA à New York, le Nagano Modern Art Museum.

2009 – 1ère classe : le salon des créateurs d’accessoires de mode accueille à son tour LIP. Les produits designs ont toujours plus de succès : Le Bon marché à Paris, 10 CORSO COMO de Milan, Le Publicis Drugstore (av des Champs Elysées- Paris), Silvera ( av de Wagram- Paris), Gente (Rome). La Manufacture Générale Horlogère commercialise chaque année plus de 300 000 montres LIP.

2009 – 1er octobre, les premiers modèles développés par le designer Marocain Hicham Lahlou sont exposés à la cité des arts de Casablanca.

2010 - Dans un contexte mondial difficile, Lip réedite le modèle Panoramic de Michel Boyer, source de fraîcheur et de simplicité.

2010 - Lip entre dans le concept store diffuseur de tendances: Colette, rue Saint Honoré à Paris.

Et l’histoire continue ….


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